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Emprunts toxiques à Saint-Maur : avec la chute de Dexia, les contribuables vont-ils devoir payer deux fois ?

empruntstoxiquessaintmaurPar Sylvain Berrios La chute de Dexia aura des conséquences multiples, tant au niveau des finances publiques de la nation que des finances publiques locales. Pour la France un piège redoutable semble être tendu. Ne pas sauver Dexia, c’est s’exposer à des pertes colossales, à des marchés financiers pris de panique, à une ardoise à régler par l’Etat qui pourrait par conséquent se voir sanctionner par les agences de notation. Sauver Dexia c’est engager la garantie de l’Etat. Or pour pouvoir maintenir à flot ce qui reste désormais de ce « fleuron de la finance », il faudrait un engagement très important de l’Etat français qui risque de peser sur les ratios d’analyse des finances publiques et donc de mettre en danger notre fameuse note AAA. Ne pas s’engager assez, c’est s’exposer à un risque futur supérieur compte tenu de la fragilité qu’il en résulterait. C’est dans ce contexte que se pose la question de l’intervention de l’Etat dans le dossier des emprunts toxiques aux collectivités dont Dexia est à l’origine pour un montant de 45 millions pour la seule ville de Saint-Maur. La chute de Dexia et le refus de l’Etat de prendre en compte dans son plan de sauvetage une aide aux collectivités concernées, laisse celles-ci seules face à 2 millions de contribuables qui risquent de payer deux fois : une fois comme contribuable national pour le sauvetage de Dexia et une fois comme contribuable local pour faire face aux emprunts toxiques contractés par les collectivités locales auprès de cette « banque des collectivités » ! Certes comme le rappel Gilles Carrez (rapporteur du Budget à l’Assemblée Nationale, député/maire du Perreux/Marne) les élus qui ont contracté des emprunts toxiques pour pouvoir financer des équipements publics sont irresponsables et doivent aujourd’hui en assumer les conséquences. Certains font remarquer que face à l’agressivité commerciale et aux outils marketing déployés par Dexia, les élus qui ne sont pas tous des professionnels de la finance ont pu « s’égarer ». Pour Saint-Maur hélas, la situation était bien différente. D’une part parce que l’ancien maire-adjoint aux finances Nicolas Clodong est un professionnel de la gestion. D’autre part parce qu’il a menti au Conseil municipal en indiquant que la dette était sous contrôle et que plus de 85% de celle-ci était à taux fixe. Irresponsable, l’ancien maire-adjoint aux finances a joué à la roulette russe avec l’argent des Saint-Mauriens. Nul ne sait désormais comment vont évoluer les 45 millions d’euros empruntés à Dexia gagés sur les impôts des Saint-Mauriens. Rappelons que la dette de Saint-Maur s’élève à 250 millions d’euros dont plus de 100 millions dite toxique contractée par l’ancienne municipalité. La décence à défaut de courage et de responsabilité devrait conduire Nicolas Clodong – toujours Conseiller municipal et Conseiller général de Saint-Maur – à démissionner. Ce serait la moindre des choses.

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