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« Saint-Maur dans 10 ans ? Une ville exemplaire en Ile-de-France ! »

« Saint-Maur dans 10 ans ? Une ville exemplaire en Ile-de-France ! »

Ce mois-ci dans magazine municipal « Saint-Maur Infos », et après 18 mois de mandat, je reviens sur les réformes engagées, mes sources de fierté, mes motifs de déception, mais aussi ma vision de Saint-Maur dans dix ans.
Interview.

Saint-Maur Infos : Sylvain Berrios, vous êtes maire de Saint-Maur depuis 18 mois. Quelle est votre méthode de travail ?

Sylvain Berrios : D’abord, j’observe une forme de discipline. Je suis à ma table de travail à 8 h et je termine souvent ma journée par une réunion publique qui s’achève à 22 h 30. Deux fois par semaine, je commence un peu plus tôt pour prendre le temps de faire du sport. Le week-end, j’essaie de participer aux nombreuses manifestations organisées sur la ville et d’aller au contact des habitants. Un maire doit être attentif à ne pas s’enfermer dans une tour d’ivoire. C’est d’autant plus vrai dans une ville de 75 000 habitants ! Au quotidien, j’applique les engagements pris auprès des Saint-Mauriens. Lors de la campagne municipale, avec mon équipe, nous avons présenté notre projet, nos choix pour Saint-Maur, au cours d’une trentaine de réunions publiques. Nous l’avons fait dans un esprit de responsabilité. Je mets en œuvre ce programme avec pragmatisme et détermination.

Que voulez-vous dire ?

Sylvain Berrios : Détermination signifie qu’une décision ne peut pas être un début de négociation ; sinon il n’est pas possible de se mettre en mouvement. En revanche, il faut être pragmatique sur les conditions de mise en œuvre, être capable de s’adapter aux réalités de tel ou tel quartier. En toutes circonstances, je dois apporter une réponse d’intérêt général, sans perdre de vue les spécificités de chaque quartier. J’ai la chance d’avoir grandi à Saint-Maur, je connais la ville comme ma poche : cela me permet de comprendre rapidement certaines critiques adressées par les Saint-Mauriens qui connaissent très bien la vie de leur quartier. Cela me permet aussi d’évaluer rapidement la situation et d’adopter les mesures correctrices qui s’imposent. Je consulte aussi beaucoup, pas seulement à l’Hôtel de Ville : je consulte mes collègues d’autres communes pour savoir comment ils ont mis en œuvre telle ou telle réforme, à quel rythme et pourquoi.

Vous vous décrivez comme déterminé et pragmatique ; certains disent pourtant que vous réformez à marche forcée. Que leur répondez-vous ?

Sylvain Berrios : Je dois gérer et traiter, dans un laps de temps extrêmement court, des dossiers très lourds. Assainir les finances communales, restaurer l’autorité dans l’espace public et renforcer la sécurité, engager l’élaboration d’un PLU qui préserve notre cadre de vie, sortir Saint-Maur de son isolement pour préparer son intégration à la Métropole du Grand Paris, mettre sur les rails les grands chantiers structurants de Saint-Maur… Ce sont autant de dossiers qui doivent être réglés avant la fin du premier trimestre 2016. Faute de quoi d’autres le feront à notre place, l’Etat notamment, pour le volet relatif au logement social ou au budget. La question n’est donc pas de savoir si je réforme à marche forcée mais si nous sommes capables de nous mettre en mouvement suffisamment vite pour préparer et préserver l’avenir de Saint-Maur.

Pensez-vous que les Saint-Mauriens comprennent les réformes que vous engagez et y adhèrent ?

Sylvain Berrios : Oui, je crois que les Saint-Mauriens comprennent, même si je pense également, et c’est normal, qu’ils considèrent parfois qu’ils paient des erreurs passées dont ils ne sont pas directement responsables. Prenons le cas de la tarification des prestations périscolaires, qui a mécontenté les parents d’élèves. Jusqu’à présent, la garderie du matin et du soir était gratuite. Les activités gratuites. Mais dans le même temps les investissements dans nos équipements municipaux n’ont pas été engagés. La baisse des dotations de l’Etat, conjuguée à la réforme des rythmes scolaires, ne nous a laissé d’autre choix que de mettre en place une tarification. La garderie du matin est désormais facturée, mais à un niveau très modique : 2,12 € par enfant et par mois. Chacun sait que, dans toutes les villes de France, le périscolaire est en partie financé par les familles. Mais il est évident que le moment où on applique la décision est un moment difficile que chacun aimerait reculer.

Et la réforme du stationnement ?

Sylvain Berrios : Il existe un constat partagé de longue date : on a du mal à se garer à Saint-Maur, le stationnement est anarchique, il y a beaucoup de voitures ventouses, les voies d’accès aux gares RER et aux zones commerçantes sont engorgées. Jusqu’ici, Saint-Maur était la seule ville dotée de gares RER sans règlementation aux abords des gares. Cela faisait de notre ville un parc de stationnement gratuit à ciel ouvert ! En ce qui concerne le stationnement résident, c’était une promesse récurrente depuis quinze ans mais le chantier n’avait jamais été lancé. Les services municipaux ont travaillé pendant de longs mois pour préparer cette réforme mais, naturellement, le moment venu, cela crée des tensions ou des crispations. Nous évaluerons le dispositif mis en place dans quelques semaines.

Certains disent que vous avez des efforts à faire en matière de communication…

Sylvain Berrios : C’est exact. La rapidité du travail mené nécessite une communication adéquate. La Ville a longtemps fonctionné suivant des schémas un peu anciens. Nous avons encore du mal à transcrire efficacement une décision prise en Conseil municipal dans la communication. Par exemple, nous avons beaucoup de retard sur la communication numérique, et les Saint-Mauriens qui prennent le RER matin et soir ont peu de temps pour lire le magazine municipal. Nous y travaillons et proposerons prochainement de vraies améliorations. Par ailleurs, la concertation n’est pas dans les habitudes à Saint-Maur. Par exemple, quand nous organisons une réunion avec des riverains pour leur présenter un projet de quartier, ils nous répondent qu’ils n’ont pas été concertés ! Alors que, précisément, ces réunions ont vocation à recueillir leur avis pour adapter et corriger un projet que les services municipaux ont préparé. Sur ce terrain, il y a des marges de progression.

Quelle est votre principale source de fierté depuis 18 mois ?

Sylvain Berrios : Nous avons pris à bras-le-corps des dossiers compliqués et rétabli la situation afin que notre indépendance et notre capacité d’action ne soient plus menacées. Je suis également très heureux que la Ville ait pu renouer le dialogue avec ses partenaires naturels, l’Etat, le département, la région et les communes voisines. Cela a permis de débloquer de nombreux projets « en panne ». J’ai été largement aidé par les Saint-Mauriens, qui savent se mobiliser lorsque l’essentiel est en jeu. Cette confiance qui nous est témoignée quotidiennement, cette ambition qu’ils portent collectivement pour leur ville, j’en suis fier.

Avez-vous des motifs de déception ?

Sylvain Berrios : Je regrette le départ de certains compagnons de route, élus et élues de valeur avec lesquels nous avions vécu l’aventure de la campagne municipale. Ils ont dû renoncer à leur mandat pour se consacrer davantage à leur vie de famille ou à leur métier. C’est un choix courageux. La vie d’élu exige un investissement important : les réunions ont lieu le soir, après le travail, les permanences des élus ont lieu le week-end. C’est un engagement de chaque instant. Les élus que j’ai choisis à mes côtés ne sont pas des professionnels de la politique. Ils sont dévoués, enthousiastes, à l’écoute des Saint-Mauriens. Bien sûr, il y a parfois des moments de découragement, comme dans toute aventure humaine. On voudrait aller plus loin, plus vite, plus haut ! Mais on n’en a pas forcément les moyens, notamment financiers. Heureusement, on peut avoir des idées peu coûteuses, et surtout de l’énergie à revendre pour sa ville !

Vous êtes également Député du Val-de-Marne, en quoi votre mandat parlementaire complète t-il votre action municipale ?

Sylvain Berrios : Mes fonctions de parlementaire m’ont permis de défendre plusieurs dossiers importants pour la commune. Je pense par exemple à la lutte contre les pollutions de l’usine Eiffage : j’ai obtenu de la ministre de l’Ecologie que soit réalisée une étude d’impact globale des nuisances du port de Bonneuil. Et je suis intervenu pour faire respecter les interdictions de survol de Saint-Maur, relayer le mécontentement des habitants, notamment cet été. Sur la question des emprunts toxiques, j’ai ferraillé pour que soit reconnue la responsabilité de l’Etat et des banques. Nous étions peu nombreux à défendre ce dossier, mais nous avons obtenu que le gouvernement fasse un effort important avec l’indemnisation significative des communes par le Fonds de soutien. Enfin, j’ai saisi directement plusieurs ministères, sur les rythmes scolaires, sur la sécurité, ou sur les réformes engagées au détriment de certains professionnels (pharmaciens…). De manière générale, cela offre une chance supplémentaire de plaider la cause de Saint-Maur en ayant accès aux décideurs nationaux.

Comment imaginez-vous Saint-Maur dans dix ans ?

Sylvain Berrios : Dans dix ans, Saint-Maur aura surmonté ses difficultés financières, préservé et renforcé sa place parmi les 50 premières villes françaises, et intégré la Métropole du Grand Paris en ayant su conserver son cadre de vie. Saint-Maur n’a pas vocation à être le 21ème, 22ème ou 23ème arrondissement parisien : nous avons nos spécificités à cultiver, un urbanisme maîtrisé avec beaucoup d’espaces verts, de pavillons et d’habitat collectif à taille humaine, un rayonnement culturel fort, une vie sportive riche… J’ai aussi été élu pour préserver le patrimoine des Saint-Mauriens. Ceux qui ont acheté leur logement ou qui aspirent à devenir propriétaires à Saint-Maur doivent être certains que leur patrimoine sera valorisé. Ma conviction est que Saint-Maur doit cultiver sa spécificité, mais qu’elle ne doit pas être en reste pour aller au-devant des défis proposés aux villes de la Métropole du Grand Paris ! Dans dix ans, je voudrais que notre ville ait su prendre le chemin de la modernité, tout en ayant réussi à préserver ce cadre de vie particulier.

En résumé, vous souhaitez que Saint-Maur fasse des émules ?

Sylvain Berrios : Exactement ! Ce que je souhaite c’est que Saint-Maur devienne exemplaire en Ile-de-France. Il faut qu’elle soit novatrice en matière d’écologie, d’urbanisme, motrice en matière de qualité de service public, d’éducation et de finances locales. Il faut qu’elle continue à prouver que l’on peut concilier un urbanisme maîtrisé et un cadre de vie préservé. En somme, je voudrais que l’on passe de l’exception à l’exceptionnel, voire même à l’exemplarité.

Il y a un tournant à prendre, Saint-Maur est en train de le prendre. Je suis confiant.

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