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Rythmes scolaires : après le rejet, par l’Education nationale, des projets concertés avec les conseils d’école, la Ville de Saint-Maur n’a d’autre choix que d’opter pour la scolarisation le samedi matin

berriosecolePar Sylvain Berrios – Début juin, la Ville de Saint-Maur a transmis à la directrice académique des services de l’Education nationale (DASEN) deux projets d’organisation du temps scolaire concertés avec les conseils d’école.

L’objectif était de surseoir au passage imposé aux 4,5 jours à Saint-Maur, afin de préserver une organisation du temps scolaire qui a fait ses preuves.

En effet, les enfants bénéficient aujourd’hui gratuitement, sur le temps scolaire, de la présence d’éducateurs sportifs, d’intervenants spécialisés en langue anglaise, d’intervenants spécialisés dans la sensibilisation à la nature et à l’environnement (rémunérés par la Ville), et de journées de classes transplantées au centre hippique municipal de Marolles.

Afin de préserver l’offre éducative existante, la Ville de Saint-Maur a déposé une demande de dérogation en proposant deux scénarios :

– Scénario 1 : le maintien de 4 jours d’enseignement de 6h et l’organisation des Activités Pédagogiques Complémentaires (APC) le mercredi matin.

– Scénario 2 : la diminution des journées d’enseignement de 15 minutes et leur report 1 samedi sur trois, soit 12 samedis travaillés dans l’année.

20 conseils d’écoles sur 23 se sont prononcés pour la demande de dérogation. Malgré le soutien massif des personnels et des familles, le Ministère de l’Education nationale a rejeté ces deux scénarios au motif que les enfants ne seraient pas scolarisés « régulièrement » 5 matinées par semaine comme l’exige la réforme Peillon.

Le 23 juin, la Ville a été informée que seules deux options restaient recevables par l’Education nationale :

– scolariser les enfants le samedi matin, à raison de 2 à 3 heures par semaine

- OU appliquer automatiquement le calendrier départemental (scolarisation le mercredi matin et réduction du temps scolaire de 45 minutes par jour).

La deuxième solution empêchait le maintien des activités aujourd’hui incluses dans le temps scolaire, et entraînait un coût très élevé pour la Ville : la scolarisation des enfants le samedi plutôt que le mercredi matin était le seul moyen de ne pas répercuter le surcoût sur les familles (plus de 250€ annuels par enfant).

En effet, les services municipaux ont confirmé que le choix du mercredi matin occasionnait un coût de 1 310 000 €, contre 280.000 € pour le samedi matin, ces coûts tenant compte du fonds d’amorçage dont le gouvernement a annoncé qu’il ne serait pas reconduit au-delà de 2014-2015.

Ce surcoût budgétaire n’incluait aucune activité supplémentaire pour les enfants : il se limitait à financer l’ouverture de centres de loisirs dans toutes les écoles le mercredi (26 centres de loisirs au lieu de 18 actuellement), l’augmentation de la restauration scolaire (3500 repas contre 2200 aujourd’hui le mercredi) et le recrutement de 100 animateurs supplémentaires.

La décision prise a été difficile, notamment parce qu’elle va à l’encontre du souhait des familles qui penchaient, lors d’une consultation antérieure, pour le mercredi matin. La Ville aurait préféré faciliter l’organisation des familles et se ranger derrière la préférence des parents, mais elle n’est pas en mesure de le faire.

Il est regrettable qu’il y a un an, la consultation ait été ouverte sans jamais aborder la question des coûts. Or, aujourd’hui, il serait irresponsable d’engager la Ville dans des dépenses qui mettraient en péril l’équilibre financier déjà précaire de la commune.

La solution d’une contribution des familles, un temps envisagée, a été écartée compte tenu des efforts élevés qu’il aurait fallu demander aux parents. 
En conséquence, à la rentrée 2014, les élèves Saint-Mauriens seront scolarisés le samedi de 9h30 à 11h30.

Si toutefois les recours déposés en faveur du libre choix des communes venaient à aboutir, la Ville reviendrait à la semaine de 4 jours, largement plébiscitée par les Saint-Mauriens. 

Le gouvernement assume une lourde responsabilité dans la mise en œuvre de cette réforme qui n’a toujours pas fait la preuve de son efficacité pour les enfants, et qui occasionne un coût exorbitant pour les communes.

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