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Faut-il délocaliser l’aéroport d’Orly?

aviontoitSignée par 60 parlementaires dont 4 députés UMP Val-de-Marnais (H. Plagnol, J.A. Benisti, O. Dosne, D. Gonzales), relayée par la ministre Nathalie Kosciusko-Morizet lors d’une réunion du Comité départemental de l’UMP de l’Essonne, la proposition de loi relative à la desserte aérienne du Grand Paris, mentionnant expressément l’hypothèse de la délocalisation de la plateforme d’Orly, a semble-t-il brisé un tabou. La violence des réactions contre ce projet de loi marque avant tout la fébrilité et le manque de sérénité de certains acteurs face à des enjeux d’aménagement du territoire très importants et qui s’imposent ou s’imposeront à chacun d’eux. En effet, comme le décret ministériel de 1994 le rappelle, Orly est un aéroport situé en zone urbaine dense et de ce fait des mesures particulières ont été prises : limitation du nombre de mouvements annuel, couvre-feu, respect strict des couloirs aériens sans possibilité d’y déroger. Ces mesures ont été régulièrement confirmées par tous les ministres des transports successifs. C’est pour ces mêmes motifs que le 29 juin dernier la ministre Nathalie Kosciusko-Morizet a décidé d’engager de nouveaux projets de réduction des nuisances sonores autour des aéroports parisiens en décidant de mettre en service le dispositif de relèvement de 300 mètres des trajectoires pour Paris-Orly notamment. Comme je l’ai rappelé à l’ensemble des Conseillers généraux du Val-de-Marne lors de l’audition du Préfet, alors que je demandais précisément au représentant de l’Etat de confirmer les dispositions particulières qui s’appliquent à Orly, il y a une unanimité politique sur le statut « urbain » de l’aéroport d’Orly et des mesures spécifiques qui en découlent. Dès lors, comment absorber l’augmentation annuelle de 3% du trafic aérien à Orly sans augmenter le nombre de mouvements annuel, sans étendre les plages horaires ? Le bon sens conduit naturellement à envisager un 3ème aéroport qui se trouverait de fait hors du Val-de-Marne. Et le bon sens conduit aussi à s’interroger sur le devenir d’Orly et sur sa pérennité lorsqu’une plateforme ultramoderne sera construite et forcément gagnera des parts de marché sur la plateforme d’Orly aujourd’hui saturée et contrainte par son statut. N’est-ce pas du devoir des élus d’anticiper cette évolution ? De poser les bonnes questions et d’envisager un développement économique sur le territoire actuel de l’aéroport d’Orly autre que l’activité aérienne ? Est-ce que la principale contribution des élus du Val-de-Marne doit consister, comme semble l’envisager le président du Conseil général, à expliquer pourquoi il ne faut surtout rien changer ? Alors que certains se font les chantres de Paris-Métropole, n’est-ce pas une faute politique grave de ne pas envisager comme dans toutes les grandes métropoles européennes et mondiales un aéroport excentré par rapport aux zones fortement urbanisées? N’est-ce pas risquer de perdre un avantage concurrentiel fort de la région Ile-de-France que de rester campé sur de vieux schémas d’aménagement issus des années 50, alors même que le défi qui s’offre à nous est celui des 50 prochaines années ?

Pour ma part je pense que l’enjeu nous impose une réflexion sans tabou, lucide et innovante, qui doit comprendre l’hypothèse d’une délocalisation d’Orly.

Par Sylvain Berrios – Saint-Maur

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